A l'occasion du festival Etonnants Voyageurs de Saint-Malo, Anne Perrin, directrice fondatrice des éditions Mangeclous, se présente et répond aux questions suivantes :
Anne Perrin, vous êtes directrice fondatrice des éditions Mangeclous, qu'est-ce qui vous pris de monter une maison d'édition ?
Quel est votre cursus ?
Vous faites ça pour devenir riche ?
Quels auteurs vous confié leur travail ?
Donc votre truc, c'est les livres pour enfants, les livres de cuisine, et les livres de loisirs créatifs ?
Quel rapport entre la littérature étrangère et les livres pour enfants ?
Quels sont vos projets en littérature étrangère ?
Votre approche rappelle un peu celle de Christian Bourgois… vous le connaissez ?
Pourquoi vous appelez-vous Mangeclous ?
Votre blog s'appelle editions-mangeclous.eu, pourquoi ? C'est un blog ou site Internet ?
Vous voulez faire quoi avec votre blog ?
Ca rappelle un peu le tour du livre en 80 jours ?
Le blog c'est un outil de marketing en fait…
Vous travaillez avec une équipe de commerciaux ?
Votre blog aura-t-il une vocation commerciale de vente en ligne ?
C'est compliqué de faire un blog, ça coûte de l'argent ?
Que nous ramenez-vous de St Malo ?
Anne Perrin, vous êtes directrice fondatrice des éditions Mangeclous, qu'est-ce qui vous pris de monter une maison d'éditions ?
Ca fait une dizaine d'années que je travaille dans l'édition, et c'est un projet que j'avais à cœur depuis longtemps. Parfois il faut arrêter de se poser des questions… et c'était le moment. J'avais rencontré des photographes, illustrateurs, auteurs auxquels je crois beaucoup et sur lesquels je suis prête à prendre des risques. Ca fait quelques mois que ces auteurs m'ont confié leur travail et les premiers livres seront en septembre en librairie.
Quel est votre cursus ?
Je suis originaire de Bretagne, j'ai fait des études de sociologie des religions et à la fin de mon cursus, j'ai travaillé avec un éditeur israélien installé à Paris, Mickaël Pariente, qui m'a appris ce métier passionnant.
Vous faites ça pour devenir riche ?
Il faut évidement pouvoir en vivre, mais pour moi les livres c'est une passion. C'est d'avoir le plaisir de sortir de l'imprimerie des livres quand toute une équipe a travaillé des mois sur un projet. Avant j'étais salariée et je faisais le même métier, mais maintenant j'ai une plus grande liberté d'action. J'apprécie surtout cette liberté pour les choix éditoriaux.
Quels auteurs vous confié leur travail ?
Initialement Tom Boa, Karine Nicolleau, Maryse Dugois, Jean-Jacques Belaud…qui sont des auteurs de livres pour enfant, cuisine, et loisirs créatifs, mais j'ai de nombreux autres projets en cours.
Donc votre truc, c'est les livres pour enfants, les livres de cuisine, et les livres de loisirs créatifs ?
Pas seulement. Nous préparons aussi des livres de voyages, tourisme, découverte, et en 2007 sortiront les premiers romans de littérature étrangère traduite.
Quel rapport entre la littérature étrangère et les livres pour enfants ?
Juste l'envie de faire découvrir des nouveaux auteurs. J'ai publié de nombreux auteurs étrangers chez d'autres éditeurs, des auteurs israéliens, marocains, syriens, grecs, italiens, hollandais… J'ai toujours eu envie de faire des livres pour enfants mais je n'ai jamais eu l'occasion d'en faire. Et il est vrai que j'ai eu la chance de trouver des auteurs très originaux… même exceptionnels ! Je n'exagère pas. Je n'ai jamais encore vu en librairie un travail qui ressemble au leur. Le travail de photographie et ensuite d'illustration est très original. Mais ce qui m'a vraiment plu dans le travail de Karine Nicolleau de photomontage, c'est surtout ce monde d'imaginaire et de rêve où les gerbilles parlent, où les champignons sont géants, alors que dans ce qui est proposé aujourd'hui, il y a à mon goût beaucoup trop de titres qui ramènent les enfants à monde concret et réel.
Quels sont vos projets en littérature étrangère ?
Des auteurs israéliens, arméniens, estoniens… Le but est de valoriser des langues peu traduites. Je ne souhaite pas pour l'instant traduire des auteurs anglophones ou hispanophones qui sont déjà bien représentés en France.
Votre approche rappelle un peu celle de Christian Bourgois… vous le connaissez ?
Personnellement non, mais je l'ai déjà croisé. J'aime beaucoup ce qu'il fait. J'aime les auteurs qu'ils publie, j'aime l'esthétique de ses collections, de ses couvertures, et il a été précurseur dans de nombreux domaines. Ses choix éditoriaux peuvent parfois paraître audacieux mais il s'est rarement trompé. Comme lui, mon but est d'éditer des auteurs auxquels je crois et dont j'aime le travail, mais c'est aussi à chaque fois une nouvelle aventure humaine, privilégier des rapports humains avec l'auteur. Bien qu'on soit à l'heure d'Internet et que tout soit possible virtuellement, je n'imagine pas publier un auteur que je n'ai jamais rencontré.
Pourquoi vous appelez-vous Mangeclous ?
Une passion pour Albert Cohen, son écriture, ses personnages, ce sont mes livres de chevet. Aussi, il faut bien dire que c'est un peu le hasard. Mon idée de départ était aencre marine, mais le nom était déjà pris et j'ai du renoncer.
Votre blog s'appelle editions-mangeclous.eu, pourquoi ? C'est un blog ou site Internet ?
Un blog. La différence pour moi tient en l'interactivité. Un site Internet est une vitrine. Un blog est un lieu d'échanges où les gens ont la possibilité de s'exprimer. Le .eu, c'est justement, pour souligner notre vocation internationale, dans les auteurs proposés, mais aussi dans les thèmes de nos livres.
Vous voulez faire quoi avec votre blog ?
Instaurer un lien entre l'éditeur, l'auteur et les lecteurs. Nous proposons par le biais du blog que les lecteurs dialoguent avec les auteurs. Ce qui est novateur également c'est que nous prenons l'avis de nos visiteurs avant que le livre paraisse. Par exemple, quand nous hésitons sur le titre d'un livre, le choix d'une couverture, les visiteurs participeront et donneront leur avis. Nous avons appelé ça éditions 2.0 en référence au web 2.0. Le rapport entre l'internaute et le monde de l'édition devient personnel et individuel. Mais il y aura aussi des interviews d'auteurs de traducteurs, de photographes, d'illustrateurs, des gens qui collaborent aux éditions. Nous y présenterons nos projets éditoriaux. C'est à ce moment là que nous demandons aux visiteurs de nous donner leur avis. Il y aura aussi des annonces lorsque nous cherchons un photographe, un illustrateur, etc. Deux ou trois fois par semaine, il a aura un nouveau billet, pas seulement sur les éditions Mangeclous mais sur le monde de l'édition en général. Nous voulons également chaque mois mettre à l'honneur un libraire, ainsi qu'un éditeur.
Ca rappelle un peu le tour du livre en 80 jours…
Oui et non. Il est vrai qu'Internet nous aide par son côté " collaboratif " , notamment dans l'élaboration du livre et à sa promotion, pour établir un lien privilégié avec le lectorat, mais nous restons une maison d'édition traditionnelle, nos ouvrages seront diffusés par les créneaux traditionnels, en librairie, en grande surface etc. Nous n'offrirons pas nos ouvrages en téléchargement et nous n'avons pas pour ambition de révolutionner le modèle économique de l'édition. Nous ne sommes pas une maison d'édition en ligne. J'insiste.
Le blog c'est un outil de marketing en fait…
Aussi, mais pas uniquement. Ca rentre dans le souci de s'améliorer et d'être en phase avec les désirs du lecteur. C'est lui donner aussi un moyen de communiquer avec l'auteur qu'il apprécie… ou pas. Nous voulons que ça devienne aussi un espace de débat.
Vous travaillez avec une équipe de commerciaux ?
Oui, ils ont d'ailleurs été séduits par notre idée des éditions 2.0. Le blog est aussi un moyen de communiquer avec les commerciaux, les tenir au courant des projets, leur donner des outils de présentation de nos livres, mais aussi d'intégrer leurs idées et leur retour d'expérience.
Votre blog aura-t-il une vocation commerciale de vente en ligne ?
Non, mais il y aura des liens avec des sites de vente de livres en ligne.
C'est compliqué de faire un blog, ça coûte de l'argent ?
C'est beaucoup moins onéreux qu'un site Internet à concevoir de zéro (nos premiers devis s'élevaient à plusieurs milliers d'euros) mais ça demande beaucoup de temps, d'énergie, et de réflexion. Notre démarche nous a finalement conduit à utiliser l'outil typepad de Loïc Le Meur. Les fonctions de base sont simples à utiliser, mais dès qu'on veut utiliser son nom de domaine, changer le design de base, par exemple, c'est faisable mais ça devient rapidement compliqué et ça peut en rebuter plus d'un… Il y aurait pas mal de choses à améliorer dans l'outil mais surtout dans la documentation.
Que nous ramenez-vous de St Malo ?
Plein de choses. D'abord, des coups de soleil… mais aussi des livres, des rencontres, et des nouvelles idées. Nous publierons bientôt sur ce blog une interview de Nicolas Lefrançois, éditeur luxembourgeois chez zoom editions qui nous fera part de son expérience sur un sujet délicat : la diffusion. Nous mettrons en ligne également une interview portrait de Linda Gardelle, auteur de Aylal, une année en Mongolie sorti chez Gaia, avec laquelle nous avons eu plein d'idées de nouveaux livres autour de la Mongolie que je suis impatiente de concrétiser. Nous avons écouté Alaa El Aswany, auteur égyptien passionnant dont le roman L'immeuble Yacoubian récemment sorti chez Actes Sud. Sinon, j'ai acheté Le premier sexe d'Eric Zemmour et D'un monde qui n'est plus d'Israel Yoshua Singer, et bien sûr le livre de Linda Gardelle que je recommande chaudement.


Bonjour,
J'aimerais savoir où je pourrais vous envoyer mes manuscrits,ce sont des contes pour enfants dont les personnages principaux sont des jumelles.
Comme vous je suis de Bretagne "Quiberon".
Merci de bien vouloir me répondre.
Isabelle
Rédigé par : lautram | samedi 04 avr 2009 à 20:45
Bonjour, je suis étudiante en DUT info-com option métiers du livre et du patrimoine te j'aurais voulu savoir dans l'optique d'un dossier en production éditorial le nombre de titres total que vous possédez dans votre catalogue? je vous remercie d'avance Carole
Rédigé par : Lechallier Carole | jeudi 08 jan 2009 à 14:48
Avant de parler "technique", je remercie la petite famille Belaud pour leurs compliments et encouragements. Nous tacherons d'être à la hauteur ! Nous partageons votre opinion sur le talent de Jean-Jacques, et avons hâte de faire découvrir au plus grand nombre ses recettes avec le titre à paraître en septembre, "Les recettes du bord du green". Nous prenons également bonne note de vos remarques et allons réfléchir dès demain aux couleurs de notre blog... Quant au mystérieux URL, il s'agit tout simplement de l'adresse du blog ou du site qu'éventuellement vous possédez.
Bonne nuit
Rédigé par : Anne | vendredi 16 juin 2006 à 00:36
tout dabord kes kun URL ? dsl je manke de pratik.
Tres bon site, enfin blog est plutot le mot qui convient dans le cadre ou contexte actuel. Je suis honoré par la digne présence du nom de Jean-Jacques Belaud, grand cuisinier de grand talent qui tarde à se faire connaitre mais le succés est proche.
La mise en page du blog et d'excellente qualité, cependant je voudrais vous précisez qu'au bout d'un certains laps de temps la ou plutot les couleurs provoquent une certaine douleur aux yeux et il serait donc judicieux et souhaitable d'apporter quelques modifications. Mais en attendant un grand bravo à Mlle PERRIN pour son travail, et je préciserai que son interwiew laisse échapper quelques notes du voyage à Saint-Malo qui selon moi ne peuvent pas être negligées
je veux bien sûr parler des moustiques qui selon moi laisseront des traces de ce voyage mémorable
BELAUD
79000 NIORT
Rédigé par : Belaud | jeudi 15 juin 2006 à 22:32