A l'occasion du festival étonnants voyageurs de Saint-Malo, nous publions une interview portrait de Linda Gardelle, auteur de Aylal : Une année en Mongolie.
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Linda nous attend paisiblement au pied des remparts de Saint-Malo. Toute fluette avec son sac à main, son téléphone portable et sa valise à roulettes, on a du mal à imaginer que cette demoiselle a vécu plusieurs mois avec des nomades dans des yourtes, qu’elle y a dégusté au petit déjeuner des yeux de mouton odorants… cuits depuis dix jours, qu’elle a campé seule dans la steppe mongole au milieu des loups hurlants, ou qu’elle a voyagé pendant de longues heures dans la benne d’un camion, couverte de neige, les membres gelés, enchevêtrée entre des carcasses d’animaux et des roues de moto… Nous nous asseyons sur une terrasse ensoleillée. Linda nous raconte l’histoire de son livre et sa passion.
Rien ne destinait Linda à partir en Mongolie. « Après avoir été au Mali dans le cadre d’une bourse, je me suis dit : pourquoi pas la Mongolie… A l’époque, aucune agence ne proposait des voyages là bas. Après mon premier séjour, j’ai eu envie de retourner plus longtemps pour apprendre le mongol. J’avais l’impression que les nomades avaient tellement de choses à m’apprendre. Je voulais vivre avec eux en parlant leur langue. Alors juste après mon bac, je suis partie pour un an… ». Depuis lors, elle y retourne tous les ans.
Linda a toujours écrit. Elle adore ça depuis toute petite. « Quand j’étais en Mongolie, je n’avais pas du tout le projet d’écrire un livre mais j’écrivais des lettres à mes parents, et il m’arrivait pas mal d’aventures… ». A son retour, son entourage lui conseille d’écrire cette expérience hors du commun. Elle se lance donc dans la rédaction d’un livre à partir des lettres écrites aux siens et de ses souvenirs, « pour ne rien perdre de ce que j’avais vécu ». Son livre sort en octobre 2004 aux éditions Gaïa et est réimprimé en 2005.
Un peu plus tard dans l’après-midi, nous la retrouvons sur la scène du « magic mirror » aux cotés d’Isabelle Autissier. Un journaliste les interviewe sur leurs expériences respectives. Les deux femmes ont trente ans d’écart mais sont toutes les deux aussi à l’aise. Linda répond sobrement aux questions. Le public boit ses paroles. Son visage est détendu et légèrement souriant, sa voix est calme et posée. Son assurance est presque surprenante pour une jeune femme de 26 ans. Elle parle sans agressivité, sans orgueil et sans tension. Un peu comme si l’art de vivre mongol lui avait été distillé goutte à goutte au cours de ses nombreux voyages. Un peu comme si une partie d’elle appartenait définitivement au monde de la steppe.
Effectivement, Linda est rompue à ce genre d’exercice. Sa première rencontre avec le public c’était à Bordeaux, à la librairie Mollat. « Il y avait beaucoup de monde, c’était très bien » raconte-t-elle, laconique. « Depuis, j’ai fait plein de rencontres comme ça, dans des salons du livre. Mais aussi dans une maison de retraite, une autre dans une prison qui m’a vraiment marquée. Il y avait des détenus qui avaient lu mon livre et qui le connaissaient presque par cœur. Ils étaient vraiment touchés par la vie nomade, ce que j’avais vécu là bas. Un échange magnifique ».
Ecoutez-la, lisez la, et vous vous rendrez à l’évidence. Linda est une conteuse hors pair. Son authenticité est presque déconcertante. L’intimité qu’elle nous fait partager est touchante. Sur un ton léger et amusé, elle nous explique comment elle a appris à gérer ses envies d’uriner dans la steppe sans le moindre obstacle pour se protéger des regards… ou comment elle s’est courageusement (et poliment) défendue des mains baladeuses de certains invités un peu trop imbibés de vodka, en pleine nuit dans la yourte… A l’inverse, vous vibrerez au son de sa rage lorsqu’elle déverse les pires insultes mongoles sur des chauffards hystériques qui tentent d’écraser un loup avec leur 4X4.
Une chose est sûre. Linda ne sera pas guide touristique ni interprète. « J’ai fait ça les premières années. Un boulot d’étudiant. C’est une expérience spéciale. Gérer tout le temps la confrontation entre les deux mondes, pas facile… ». Non. A la réflexion, vraiment pas son truc.
Sa voie, elle la connait. Elle continuera à étudier la culture mongole et à la faire mieux connaître, par l’écriture, par des échanges, par des dialogues. Pour notre plus grand bonheur.




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Rédigé par : louis vuitton | lundi 05 déc 2011 à 02:02
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Rédigé par : louis vuitton | lundi 05 déc 2011 à 02:00
Chère Linda, votre livre "Aylal" m'a fait vivre la Mongolie (de façon virtuelle, cet hiver qui fut rude et long pour les Européens ; rien à voir avec l'hiver mongol et je crois que je n'aurais pas pu y résister comme vous l'avez fait sans perdre courage).Je regrette beaucoup que votre carnet de bord ait été publié (un peu trop tôt à mon goût) avant que vous n'ayez acquis la maturité litéraire requise pour une telle expérience. Je comprends aussi l'urgence de ne rien oublier et peut-être aviez vous le sentiment de n'avoir pas tout consigné dans vos lettres. On ne dit pas tout même à ses proches. Le temps efface vite les premières impressions. J'espère néanmoins que vous continuerez à nous conter et raconter la Mongolie ouvertement, sans nous cacher le revers du quotidien si différent du nôtre.
Je serai présente le 7 mai à Pontmain, pour vous questionner sur le chamanisme. Une lectrice assidue qui voyage beaucoup par les livres et la litérature. C'est plus sûr et moins frustrant.
Rédigé par : Harrison Chantal | mardi 20 avr 2010 à 17:11
quelle femme si interesante!
Rédigé par : emule | vendredi 15 jan 2010 à 14:18
Move it!
Rédigé par : Heralzg | dimanche 24 fév 2008 à 18:18
Bonjour,
J'ai bien lu le livre "Aylal,une année en Mongolie" et je trouve que ce livre est vraiment franche et poetique plein de romantisme, un récit de voyage d'une jeune fille; mais concernant de ce conflit avec la famille nomade, je trouve ça completement normal: imaginez un étranger qui arrive à vivre chez vous en plein hiver avec sa camera et carnet et qui n'arrete pas à te photographier...Bref, je ne supporterai pas...
Rédigé par : baya | jeudi 27 sep 2007 à 15:21